Il y a quelques semaines avait lieu chez ArtFx un Atelier Camera Mapping avec les étudiants de 4ème Année. Bref retour sur la technique et le déroulement de l’exercice.

 

La technique du Camera Mapping

Le Camera Mapping est une technique qui consiste, à partir d’une image fixe, à reconstituer les éléments principaux d’une scène (objets mais aussi positionnement de la caméra de prise de vue) pour pouvoir créer un mouvement de caméra. On aura alors une sensation de mouvement de caméra réelle, bien que l’image de départ soit figée. C’est une autre manière en somme de créer des images 3D, en évitant un long travail de création de textures.
Cette technique est largement répandue dans tous les studios et se déclinera à loisir en fonction des besoins, des images de départ et du mouvement de caméra souhaité par le réalisateur ou le commanditaire.

 

Atelier Camera Mapping : les étapes de travail

 

Les photos de référence : préparation de la scène

Tout a commencé par une séance de prises de vues de la place sainte Anne à Montpellier.

 

Camera Mapping - ArtFx

Les élèves font des photos de référence pour la modélisation, mais aussi pour les projections.

 

Camera Mapping - ArtFx

Chloé Mille supervise !

 

Les étudiants ont également pris des mesures des bâtiments photographiés.

 

Camera Mapping - ArtFx

Chloé Mesnage qui s'occupe de noter les mesures prises par ses camarades.

 

Camera Mapping - ArtFx

Une application pour iPhone permettant de noter les mesures sur une photo prise sur place : ça évite les petits papiers, et ça évitera de le faire dans Photoshop une fois revenu à l'école.

 

Des grilles de distorsion ont été prises en photo l’après-midi à ArtFx pour calibrer les optiques utilisées le matin. Le but est de compenser les déformations générées par les optiques.
Ce problème est inhérent aux objectifs, même professionnels.

 

Modélisation avec Maya et Nuke

Les élèves ont ensuite modélisé l’environnement dans Maya à partir des mesures relevées sur place.
La modélisation du sol, arrondi, en pente… bref tout sauf plan, a été réalisée grâce à… Nuke.
En effet, les étudiants ont filmé un long plan dont le mouvement permettait de parcourir tout l’environnement à modéliser.
Le logiciel Nuke intègre un outil de Tracking 3D (pour créer un double numérique de la caméra de prise de vue). Une fois cette caméra numérique créée, l’outil PointCloudGenerator a permis à l’élève responsable de la modélisation d’avoir accès à un nuage de points décrivant le sol de manière assez précise.
Il a récupéré dans Maya ce nuage de points et a fait la modélisation sur cette base là.
Beaucoup plus rapide au final que de mesurer 1000m² de terrain accidenté !

 

Projection avec Nuke

Les photos prises ont ensuite été projetées sur la modélisation.
Les étudiants ont utilisé pour cela le logiciel Nuke ainsi que son node ProjectionSolver.
Le python leur a permis d’automatiser la création et le paramétrage d’outils, tâche qui se serait révélée sinon assez fastidieuse dans ce cas précis.
L’amélioration de la manipulation d’objets dans l’espace 3D de Nuke a aussi été appréciée, je pense notamment au mode ‘Vertex Selection’ pour aller sélectionner des vertex ou points d’un objet 3D, et au ‘Snap Menu’ qui permet quant à lui de “coller” automatiquement deux objets 3D l’un sur l’autre !!
C’est du temps de gagné, et de l’énergie économisée. Pour la réinvestir ailleurs bien entendu !

 

Camera Mapping - ArtFx

Projection de photos prises la veille dans Nuke.

 

Camera Mapping - ArtFx

Le modèle 3D a été fait suivant les mesures prises sur place.

 

Rendu final de la scène

Les élèves ont ensuite affiné le découpage des photos pour coller le plus exactement possible aux façades des bâtiments.
Il a aussi fallu passer par une étape de nettoyage assez fastidieuse de certaines images comportant des éléments indésirables (câbles, borne à incendie et plaques murales). Ce nettoyage, ou « restore » en franglais, a été réalisé avec Photoshop.

 

Bénéfices de l’atelier Camera Mapping

Cet atelier fut au final un très gros travail pour les étudiants. L’ambition était très élevée.
Si l’investissement de tous dans leur film de fin d’études respectif ne leur a pas permis de pousser le plan aussi loin qu’ils l’auraient souhaité, ils ont néanmoins pu tirer profit de l’exercice.

 

Les méthodes vues leur seront utiles dès lors qu’il s’agira de reconstruire des environnements précis.
Ces reconstructions sont très fréquentes dans les blockbusters où l’on voit régulièrement de longs mouvements de caméra dans une ville connue,New York City ou Los Angeles par exemple.
Peut-être un survol réaliste de Montpellier City dans un prochain film d’ArtFx ?
Allez savoir…