Le film de Paul McGuigan raconte les expériences du dr Frankenstein a travers les yeux d’Igor, clown bossu mal traité, dans un cirque et secouru par le dr Frankenstein qui va le soigner de son handicap et lui donner une identité. Dr Frankenstein parle de la relation entre ces deux personnages qui tentent de recréer la vie à partir de chairs inertes ainsi que leur rapport à la religion l’étique et la médecine.

 

Les personnages

Le point de vue du film diffère de l’oeuvre originale de Mary Shelley avec l’apparition d’Igor, alias Daniel Ratcliff (qui n’existe tout simplement pas dans le livre) ; cela donne quelque chose de plus humain à l’histoire.

Ce personnage me renvoie au dessin animé Français Igor sorti en 2008 d’Antony Léondis. En effet, dans les deux œuvres, il est question d’un bossu féru de science et extrêmement intelligent au service d’un savant fou.

Néanmoins, le film garde la trame narrative de l’oeuvre originale et délivre les raisons pour lesquelles il crée le personnage de Prométhée.

 

Victor (James McAvoy) and Igor (Daniel Radcliffe) Alex Bailey/Courtesy of Twentieth Century Fox

 

Les Décors

Dans un décor Gothique victorien à l’esthétique fortement inspiré des sherlock Holmes de Guy Ritchie, Docteur Frankenstein à su faire ressortir le meilleur de l’univers steampunk de Londres, donnant ainsi à cette adaptation moderne un atout majeur.

L’ambiance du film est plutôt sombre et très esthétique grâce à l’étalonnage orangé rappelant l’éclairage de l’époque. Aussi, notons qu’une énorme recherche est faite sur le visuel du laboratoire (fiole, formol, fil électrique, trape dans le plancher…).

De par ses mécanismes électriques, la rencontre entre partie anatomique et machinerie complexe (exemple : la scène avec les yeux) est représentée par le Docteur (lui même présenté tant comme un super mécanicien qu’un génie de la médecine). Le coté steampunk du film vient représenter de façon abstraite une certaine fusion entre passé et futur, scientifique et technique. Dans certaines scènes, les schémas anatomiques dessinent sur des corps en mouvement lorsque les protagonistes regardent : leur beauté et leur impact graphique m’ont transportée. Dommage qu’il n’ait pas gardé cet élément tout au long du film.

 

Conclusion

Bien que, j’ai préféré la version datant de 1994 de Kenneth Branagh montrant d’avantage le point de vue de la créature, j’ai beaucoup aimé dans cette adaptation moderne le personnage d’Igor qui donne un certain renouveau à l’oeuvre. Ce dernier expose un point de vue plus extérieur de l’histoire qui permet de se poser la question de l’éthique de la science. Egalement, la présence de l’enquêteur nous permet de nous interroger sur le bien et le mal vis a vis de la religion.

Par ailleurs, le duo d’acteurs qui interprètent le Dr Frankenstein (James McAvoy) et Igor (Daniel Ratcliffe) fonctionne parfaitement. J’ai adoré l’ambiance et le visuel qui émanent du film. Je vous conseille donc d’aller le découvrir en salle, que vous soyez fan ou pas de ce genre de film non seulement pour l’ambiance et l’esthétique générale mais aussi pour les questions qu’il aborde.

D’ailleurs si vous aimez cette esthétique et ce genre d’histoire, je vous recommande la série Penny Dreadfull qui, en mon sens, retranscrit merveilleusement bien les personnages du Dr Victor Frankenstein ; la série montre toute la psychologie de sa créature vis a vis de son créateur et son amour pour la poésie alors qu’il est censé n’être qu’un monstre abject.