Le Famadihana est traduit habituellement par le « retournement des morts », dans le sens où les corps exhumés retournent dans leur tombes une fois la cérémonie terminée.

 


Ainsi la famille renoue régulièrement avec les anciens. Le moment est véritablement festif. On danse, on joue même de la musique pendant que les plus aguerris changent les linceuls (lamba) et que d’autres font des offrandes aux disparus.
 

En fonction des disponibilités de chacun mais aussi des moyens dont dispose la famille car le Famadihana coûte cher, l’événement aura lieu environ tous les 5 ans. Un devin indiquera le jour précis.
 

Il n’est pas rare que l’on dresse une table à quelques mètres des corps qui sont devenus des convives. Car ce n’est pas tant les cadavres qui comptent mais les âmes. Grâce à ces cérémonies répétées, les mânes des défunts se rapprochent des anciens et entreront définitivement un jour dans le monde des ancêtres…

 
Roland Dinckel est journaliste à Strasbourg (57 ans). Photo reporter à ses débuts, il a beaucoup travaillé ensuite avec des agences de pub. Il est l’auteur de deux films, « il est où, le problème », une fresque sociale autour du concept de l’altérité ainsi que « je n’est pas oublié de rêver », un document qui relate son expérience de deux années pendant lesquelles il a joué du piano dans les unités Alzheimer. Il a dernièrement assisté à un retournement de morts à Madagascar à deux pas de la capitale, Tananarive. Afin que l’oeil se concentre sur la scène et non pas sur ces innombrables taches de couleurs dont la cérémonie était truffées, il a opté pour le noir et blanc pour canaliser la narration et se débarrasser de ces conflits chromatiques qui rendaient l’image trop chargée où moins facilement lisible.