** Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême **

 

Du 31 janvier au 3 février 2013 avait lieu la 40ème édition du Festival International de la BD. Lorsqu’une équipe de choc d’ArtFx se rend à Angoulême pour l’occasion, cela donne des articles culturels immersifs de choix !

 

Journal de bord de nos 24 premières heures d’Angoulême le 24 janvier dernier.

 

The A-Team…

Heure de départ : 13h30
Un énorme tas de bagages attend patiemment au soleil. Leurs propriétaires fument une dernière cigarette debout, en se racontant des blagues devant l’école. La voiture arrive, Arnaud au volant d’une magnifique Smart Forfour. Littéralement : Smart pour quatre. Nous sommes cinq, plus une montagne de valises. Qui a de la vaseline et un chausse-pied ?

 

Un quart d’heure de tetris dans le coffre plus tard, la plupart des bagages sont rentrés, nous prendrons donc le reste sur nos genoux. Une certaine logistique se met en place sur la façon la plus tactique de s’installer. Une règle d’or s’impose alors : ne plus bouger ! Nous démarrons tranquillement faisant des grands gestes d’adieux aux Artfxiens sur place.

 

Ça y est ! Enfin. Angoulême here we come ! Nous voilà, la team au complet, prêts à … ah mince, il faut faire des courses et un plein d’essence ! Bon, finalement heure de départ : 15h30.

 

Au rapport !

Après de très longs moments passés à se raconter nos vies et à se fouetter sauvagement avec l’antenne radio, nous avançons petit à petit. Titiane envoie nos rapports au Colonel Dobbs et à son bras droit El Chicano Hernandez. Ben et Gaël racontent n’importe quoi, tandis qu’Arnaud conduit patiemment en nous passant du zouk. Nous réapprenons à nous connaître dans la joie et l’allégresse.

 

Avant d’arriver à Angoulême, nous rejoignons nos guides spirituels dans un repère pour camionneurs (pour le plus grand bonheur de Titiane) afin de nous sustenter.
21h12 : C’est le ventre bien plein que nous entamons les derniers moments de notre trajet épique.

 

Festival International de la BD d'Angoulême 2013 - ArtFx

 

Point de convergence

À la porte de la ville, une énorme statue colorée prend la pose sur un rond point.
– « Oooh regardez, c’est Gaston La Gaffe ! »
– « Mais non Ben, la statue là, c’est Lucien… »
– « Ah zut. »

 

L’habitant chez qui nous sommes est à 300 mètres dans une mignonne petite ruelle. Il nous attend, debout devant le portail, puis nous accueille à bras ouverts avec une moustache et un petit accent charmant. Nous détendons l’atmosphère en rigolant bêtement puis dégourdissons nos jambes en faisant le tour du propriétaire. De retour à la voiture, nous sommes détendus, heureux d’être arrivés sains et saufs… jusqu’à l’ouverture du coffre : une vague de bagages déferle alors sur nos pieds. Le contenu du coffre est par terre.

 

23h39 : Comme des fourmis bien organisées, dans une dernière poussée d’énergie, nous transportons les bagages jusqu’à nos chambres. Quelques taquineries et une douche plus tard, nous dormons comme des anges.

 

Heure H

9h00 : Bien reposés et bourrés d’excitation, nous nous rassemblons autour d’un petit-déjeuner gargantuesque. Montagne de viennoiseries, yaourts par dizaines, coupes remplies de fruits, pichets de lait, de jus de fruits et de café… La journée commence bien !
C’est là que nous faisons notre première rencontre : Pau, auteur-dessinateur espagnol, travaillant chez Ankama. La tête dans le pâté, nous alimentons une discussion sobre et agréable afin de ne pas le harceler dès le matin. Un peu de calme quand même, nous ne sommes pas complètement SuReXCITés !!! toh !

 

Bravant le froid matinal, nous examinons les environs : d’après les indications de notre hôte, un bus devrait passer par là. Pas question de prendre la voiture pour aller en ville, il n’y a pas de place pour se garer. Dans le bus, je m’amuse à observer autour de moi. On peut très nettement distinguer les habitants qui suivent leur train-train quotidien des festivaliers. Les habitants portent leurs courses et regardent les gens avec curiosité. Les festivaliers eux portent un sac à dos, inspectent des prospectus et parlent très fort.

 

9h50 : Arrivés à l’arrêt principal, les habitants rentrent chez eux en bougonnant tandis que les festivaliers insouciants se dirigent d’un bloc vers le centre.

 

Festival International de la BD d'Angoulême 2013 - ArtFx

 

Début des hostilités

10h06 : Enfin armés de badges « Guest », nous nous apprêtons à passer devant tout le monde et snober les vulgaires passants… Bon, il est 10h du matin et il n’y a pas encore de queue. La frime attendra. C’est la mine encore un peu enfarinée que nous entrons dans l’Antre de la bande dessinée.

 

Une fois les vigiles passés, c’est une vague de chaleur qui nous emporte. Un brouhaha sympathique s’élève de la foule pour nous accueillir en douceur. Ici, la population est véritablement hétéroclite : adultes, ados, vieux, très vieux, jeunes. Pour ce qui est du style, nous croisons des bikers, des rastas, des hipsters, des cosplays réussis, des cosplays ratés et même quelques spécimens non-identifiés. Parmi ces gens, on trouve des visiteurs, mais aussi des pros. Et croyez-le ou non, ces derniers font sûrement partie des plus excentriques présents à Angoulême. (Bon ok, ils ne se déguisent peut-être pas en Atalante eux).

 

Emportés par la bonne humeur ambiante, nous nous dispersons peu à peu, à l’affût de la meilleure découverte. À ma droite, tels des vendeurs sur le marché, Fluide Glacial (les fameux) : « Elle est bonne ma mayo, elle est bonne ! », crient-ils. Il faut savoir que chez Fluide ils ont de l’humour. Pour trois magazines achetés, un pot de mayonnaise est offerte ! (Évidemment, étant fan de Fluide, j’ai tout acheté).

 

11h28 : Quelques Péchés mignons et Bidochons plus loin, un panneau géant indique les heures de dédicaces… hmm *à retenir*. Nous continuons ainsi notre périple, voyageant d’univers en univers au fur et à mesure de notre traversée.

 

Stand Fluide - Festival International de la Bande Dessinée Angoulême 2013

 

En territoire hostile…

Ici on trouve tous les sujets possibles : traitant de musique, de thèmes pour enfants ou encore destinés aux ados. Certains arborent des thèmes gothiques, d’autres viennent de pays lointains comme la BD coréenne, les mangas ou encore les comics.
Un dessinateur de la BD Histoire de France me regarde l’air conquis :
– « Vous travaillez chez Soleil ? »
Je lance un petit regard complice à Titiane.
– « Moui moui, plus ou moins. »

 

11h54 : L’homme ne nous lâche plus. Vite, un moyen de s’éclipser ! Oh, tiens une BD ! (j’ai pas trouvé mieux sur le coup).

 

16h08 : Après avoir traversé cette longue allée aux nombreuses péripéties, nous voici enfin devant Soleil et son écran géant. Ahhh, les bandes-annonces BD ! Je reste immobile parmi la foule, ébahie par l’écran jusqu’à ce que l’on m’arrache de mon hypnose. Nous n’avons pas le temps.

 

16h21 : Quelques dizaines de mètres plus loin, nous voici face à la BD jeunes talents, à savoir Indeez. Des gens charmants bourrés d’énergie et ayant tellement l’envie de partager qu’Arnaud repart avec deux dessins dédicacés juste pour le plaisir.

 

Plusieurs stands encore plus loin, nous émergeons au coeur de la BD pour adulte : Tabou, éditeur de BD érotiques. Au début un peu timide, j’appelle en renfort mes coéquipiers qui semblent ravis. Quelques lectures et achats compulsifs plus tard, nous nous concertons.
18h26 : Il semble que notre périple durant cette première journée à Angoulême nous ait assoiffés.

 

Indeez Urban Editions - Festival BD Angoulême 2013

 

Le calme avant la tempête…

18h42 : Tentative d’insertion dans le bar local où les festivaliers ne se rendent pas : Le Chardon d’Écosse. Seuls les habitants et les VIP s’y rendent. Après observation du périmètre, on nous informe que tout le bar est réservé pour les pros en interview. Seuls quelques piliers de comptoirs résistent tels des Gaulois et leur potion magique. Changement de bar, direction Le Latitude Pub : ambiance plus festivalière, les écrans plats passent du Michael Jackson en boucle, tentative pour détourner les yeux du plafond couleur arc-en-ciel.

 

19h07 : Ici la population se détend autour d’une bonne bière et est heureuse d’être assise. Certains se massent le cou tout en sirotant leur verre, d’autres exhibent fièrement leurs trouvailles du jour. Nous faisons de même, chacun d’entre nous sort ses sacs de BDs. Une bonne dizaine de livres jonchent la table, lorsqu’une cougar recouverte de bijoux adresse la parole à Gaël :
– « Wouaaaouhh, quel beau livre vous avez là… Puis-je être culottée et me permettre de le feuilleter ? »
– « Euuuh ben oui, allez y. »
– « Merci jeune homme. »
La femme arrache le livre des mains de Gaël en lui adressant un grand sourire charmeur. Elle aboie ensuite sur le pauvre serveur débordé. La discussion devient gênante, cette femme en manque d’attention nous perturbe. Il est temps d’aller manger.

 

Fin de service…

20h52 : Nous nous rendons dîner dans un restaurant très … paradoxal. Déco plutôt chic, les serveurs bourrés de manières nous installent au premier étage. Les tables sont grandes et rondes, nous sommes assez loin les uns des autres. Le serveur arrive pour passer commande alors que nous n’avons pas choisi. L’un d’entre nous fait remarquer qu’ils passent du Rihanna en fond musical… Hum, étrange ! Plus nous avançons dans le repas, plus nous rions. Les serveurs ne se sentant pas pris au sérieux, vexés, enchaînent les situations saugrenues. L’atmosphère en deviendrait presque burlesque (non, pas comme l’effeuillage). Ce qui nous donne encore plus d’occasions d’en rire. La note payée et quelques ennemis plus tard, nous sortons dans la nuit fraîche, le sourire jusqu’aux oreilles.
Là une projection apparaît sur l’église : le symbole du Festival (un petit chat) escalade avec difficulté les contreforts, puis des drapeaux typiques d’Astérix et Obélix se plantent sur les murs.

 

23h16 : Ce dernier spectacle semblait vouloir nous souhaiter bonne nuit. Nous nous quittons épuisés mais heureux, afin de reprendre des forces pour le lendemain. Les derniers mètres sont difficiles mais lorsque le lit devant nous apparaît, il scintille comme un cadeau divin. Dix minutes plus tard, nous sommes tous entre de bonnes mains : Morphée nous attendait.

 

Dernier relevé de l’équipe en place…

Ainsi, le voyage s’est poursuivi deux jours de plus.
Enchaînant les rencontres inattendues et enrichissantes, à savoir :

  • une psychothérapie avec Arthur de Pins en dédicace
  • un dîner sous le signe du cynisme avec ***
  • un buffet de desserts partagé avec l’équipe de Fluide Glacial
  • un battle de danse avec les jeunes talents d’Indeez
  • une intrusion dans la tente des pros et l’espionnage de projets confidentiels
  • une rencontre inattendue avec un ancien d’ArtFx
  • cinq photos souvenirs déguisées
  • une blague ratée avec le plus grand formateur Wacom

 

Bref, au Festival d’Angoulême tout le monde se réunit autour d’une seule et même passion : la BD. Les différents styles de bandes dessinées présents sont à l’image des lecteurs qui rôdent ici : improbablement variés et accrocheurs. Là-bas nous créons nos souvenirs au gré du hasard et de nos rencontres. Au final, chacun vient avec sa propre identité et se sent chez lui, comme s’il faisait partie intégrante de ce grand melting-pot culturel.