Cette année a été marquée par le 20e anniversaire des FMX de Stuttgart. Les étudiants Estelle Lagarde et Franck Menigoz étaient présents en cette occasion. Lorsqu’ils ne travaillaient pas comme représentant d’ArtFx (stand d’ArtFx et présentation l’école devant une audience d’environ 100 personnes) ils répondaient présents lors de conférences animées par divers artistes et professeurs. Voici le résumé des présentations qui les ont le plus marqué.

 

 

The future of filmmaking : High Dynamic Range (HDR), Wide Color Gamut (WCG) and Calibrated Color Aquisition »

Intervenant(s) : Bernd Eberhardt, Jan Fröhlich, Stefan Grandinetti & Andreas Karge (Stuttgart Media University)
 

Comment la HDR, le WCG, la calibration d’écrans et de caméras peuvent être exploitées pour raconter une histoire ? Quels en sont les défis techniques et qu’est ce qui est nécessaire pour préparer les studios de postproduction à ces techniques?

 

High Dynamic Range et Wide Color Gamut La Ultra Haute

Définition (UHD), la High Dynamic Range (HDR) et le Wide Color Gamut (WCG) entre de plus en plus dans le marché de l’expérience vidéo et l’industrie du cinéma Cependant, ces technologies améliorants nos images sont bien plus que des mots vendeurs, ce sont de véritables opportunités, en particulier pour les créateurs de visuels.   Les écrans de télévisions actuels sont en Standard Dynamic Range (SDR), supportant une gamme de luminosité qui est nettement inférieure à la gamme que l’oeil humain est capable de discerner. De même, les caméras ne prennent pas toutes en charge la large palette de couleur que l’oeil humain peut percevoir. Grâce à ces nouvelles technologies, la future expérience télévisuelle permettra d’obtenir une image au plus proche de la réalité. L’un des objectifs clé de la Télévision Ultra Haute Définition (UHDTV) est de fournir à l’utilisateur un sentiment de véracité et de «réalité». Augmenter la résolution n’est plus une solution satisfaisante pour atteindre cet objectif si la capture et l’affichage de ce contenu ne possède pas une plus grande gamme de luminosité et de contraste que ce que possède la plupart des appareils aujourd’hui.

 
 

Calibrer les écrans et les caméras
 

La luminosité et les gammes de couleurs souhaitées diffèrent d’un affichage à un autre, parfois de manière considérable et peuvent devenir très différentes de ce qui avait été filmé par la caméra. Permettre à un contenu d’être capturé avec une plus large gamme de couleurs et de contrastes, offre aux cinéastes et aux artistes un éventail de données dans lequel piocher les détails de l’image souhaités en post-production; cependant, il n’est ni souhaitable ni recommandé de travailler avec tant de possibilités d’affichages. De plus, certains écrans dépendent d’une plage de couleurs différentes que celles prévues par l’artiste. Pour résoudre ce problème, calibrer l’acquisition de la couleur sur ces différents dispositifs devient nécessaire. Cette calibration peut s’effectuer soit pendant l’encodage soit à la réception du fichier.

La normalisation du contenu devrait permettre de créer une plage de couleurs dynamiques adaptées à l’affichage ciblé. Cela peut se produire via les méta données, mais ce processus est encore en phase de test et possède une marge d’erreur significative avant sa mise en place sur le marché.
 
 

«Pipeline for Feature Film VFX»

Intervenant(s) : Hannes Ricklefs (MPC)
 

 

Cette présentation nous donne un aperçu du pipeline VFX d’une production MPC. A travers quelques exemples de leurs productions Hannes Ricklefs nous montre l’importance d’un pipeline unifié, surtout dans un environnement collaboratif mondial.   Au cours de la dernière année MPC était le studio principal des Gardiens de la Galaxie, X-Men : Days of Future Past et Maléfique. MPC travaille actuellement sur Le Livre de la Jungle de Disney, Batman Vs Superman, Terminator Genisys, Les Quatre Fantastiques et le Martien.

 
 

Des productions qui s’agrandissent
 

Le Pipeline d’un film VFX est un processus long et laborieux dans lequel s’imbrique pré-production, production et post-production à travers des tâches aussi variées que la préviz, la modélisation, le rigging, le lighting, le rendu, le matte painting et le compositing.
 

Hannes Ricklefs (chef du département Pipeline chez MPC Londres) nous explique qu’il devient ainsi difficile, compte tenu de l’éloignement géographique et du décalage horaire entre les différents pôles, de maintenir un niveau de synchronisation optimal. De ce fait pour des productions de plus en plus grandes et délocalisées, Hannes Ricklefs a du repenser le workflow qu’ils utilisent sur leurs productions jusqu’à présent. En effet, avec des productions en étroites collaborations, comme celle avec Framestore pour Guardians of the Galaxy, il a fallu adapter le workflow afin d’accommoder les deux entreprises et permettre un échange de données plus facile (chacun ayant ses workflows et ses logiciels propriétaires).  
Des workflows qui s’adaptent L’ancien système de gestion des données chez MPC tournait autour de l’incrémentation des modèles 3D, des rigs, des mattes painting, etc. dans une structure hiérarchique basée sur la version en cours, la scène et la discipline concernée. Rapidement, il est  devenu évident que ce ne serait pas suffisant pour gérer la complexité requise par des projets comme Guardians of the Galaxy ou Jungle Book. Pour atteindre le niveau de travail requis dans des temps assez courts,, l’équipe Pipeline d’MPC a développé un nouveau pipeline basé autour des pratiques et conventions de travail entre les entreprises (à la fois internes et externes), à travers la création d’un système de gestion des actifs et des données automatisées et de synchronisation des flux de travail entre les différentes disciplines. L’accent est porté sur une gestion efficace des scènes et des versions, cela étant nécessaire pour garantir une livraison rapide de visuels de haute qualité tout en permettant la liberté d’expression des artistes dans la limite imposée par leurs plans.   Avec un workflow permettant cette flexibilité entre les disciplines et les lieux de production, MPC peut désormais tirer parti des techniques développées sur ses dernières productions.

Egalement, le studio peut donner une base solide à partir de laquelle ils peuvent offrir des films plus efficacement en dépassant les attentes dans un marché très concurrentiel.