L’équipe d’ArtFx est passionnée de prises de vues numériques et suit avec attention l’évolution des caméras et des boîtiers. Gilbert Kiner, directeur de l’école, a utilisé pendant quelques semaines l’objectif à décentrement Canon TS-E 24mm sur un boîtier Canon EOS 5D Mark II. Il nous livre son expérience d’utilisateur.

 

La technique du décentrement

Calqué sur le principe de la chambre photographique, l’objectif à décentrement permet de déplacer l’optique latéralement, à l’horizontale ou à la verticale. L’objectif couvre ainsi une surface sensible d’un diamètre plus grand, sans changer l’angle de vue et en gardant le boîtier parfaitement droit. Les lignes du sujet photographié, par exemple celles d’un monument élevé, restent ainsi parfaitement parallèles au film.

 

De nombreuses applications et des images extraordinaires

L’objectif Canon TS-E 24mm est équipé de deux types de décentrements.

 

Le premier permet de décaler l’axe optique par rapport au plan du capteur. Le but initial de ce procédé est de concurrencer les capacités des chambres de studio à redresser les perspectives.
Quand je suis au pied d’un immeuble, j’incline mon appareil de prise de vue vers le haut pour en voir le sommet. La façade du bâtiment photographié n’est alors plus parallèle avec la surface de mon capteur, et la contre-plongée ainsi effectuée génère des perspectives fuyantes, convergeant vers le haut. En décentrant mon objectif par rapport au plan du capteur, j’arrive à corriger ce phénomène. Le bâtiment conservera sa forme rectangulaire sur l’image. Cette technique fait le bonheur des matte painters, des architectes et des photographes d’illustration.

 

Le second type de décentrement du Canon permet de pivoter le plan de netteté. Ce qui signifie que la zone nette de l’image n’est plus parallèle au plan du capteur. Ce procédé donne des images extraordinaires dans lesquelles on voit l’image passer du net au flou, non plus en fonction de la profondeur de champ, mais en fonction de l’orientation de ce réglage. Bien entendu, le réglage de la profondeur de champ déterminera la quantité de flou dans l’image.

 

On peut bien sûr cumuler les deux types de décentrement afin d’obtenir des images très particulières.

 

L’autre intérêt de l’objectif à décentrement, et non des moindres, est de pouvoir se photographier devant une surface réflective sans apparaitre sur l’image, ce qui permet de réaliser des prises de vues sans effets miroir gênants. A essayer!

 

Des effets très tendance et dosables: un peu, beaucoup…

Aujourd’hui, ce genre d’objectif est très prisé dans la réalisation de clips vidéos, de publicités, etc. Ce type d’effet très esthétisant et qui apporte un plus graphique, plaît beaucoup aux réalisateurs et aux chefs opérateurs.
Personnellement, je préfère des effets moins visibles. Je cherche donc à trouver des réglages « plus fins ». Ceci n’est pas toujours évident sur le terrain, en se basant uniquement sur le rendu dans le viseur ou sur l’écran de l’appareil, et c’est plus tard, en le visionnant sur l’écran de l’ordinateur, qu’on peut se faire une vraie idée de l’image. Je fais donc souvent plusieurs prises de vues avec des réglages différents, afin d’augmenter mes chances de réussite.

 

Exemples en images

1. La façade d’ArtFx sans objectif à décentrement

 

2. La façade d’ArtFx avec l’objectif Canon TS-E 24mm