En amont de la présence d’ArtFx au dernier Festival de Clermont-Ferrand, les étudiants de 3ème Année se sont confrontés à un procédé de plus en plus utilisé au cinéma ces dernières années. Ce procédé était d’ailleurs déjà présent dans le cinéma des années 50, et encore bien avant dans la photo au début du siècle précédent. Il s’agit du relief.

 

L’Atelier Relief

L’introduction théorique au relief et la mise en pratique du compositing d’images stéréoscopiques a fait l’objet d’un Atelier il y a quelques semaines pour les 3ème Année.
La classe de Spécialisation CGI a surtout vu l’aspect compositing d’images de synthèse en relief, en plus de la partie théorique.
La classe VFX, quant à elle, a poussé un peu plus loin en réalisant des tests de prise de vue et de mise en relief d’images réelles.

 

Atelier Relief - Stéréoscopie - ArtFx

Prise de vue relief

Malgré le froid qu’il faisait ce jour-là (il a même neigé, c’est pour dire…), les étudiants sont restés dehors une bonne partie de la matinée pour faire des prises de vue.

 

Ils se sont divisés en deux équipes :

  • Une équipe avec deux boîtiers Canon 550D montés de deux optiques identiques, à savoir le fameux 24-105 mm série L stabilisé.
  • Une autre équipe avec un seul boîtier, un Canon 5D, et une tête spéciale à priori dédiée à la prise de vue HDRI.

     

    Pour info, une tête dans notre jargon, c’est une partie mécanique du pied qui fait qu’un reflex ou une caméra va tenir bien posée sur un trépied et permettra d’orienter à notre guise l’appareil de prise de vue.

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    Résultats de la prise de vue relief

    Que la première équipe ait ramené des images en relief semble normal. Avec deux boîtiers, c’est logique…
    Le seul problème, c’est que les boîtiers mis côte à côte présentaient un écart important, ce qui a eu pour résultat des vidéos avec un très fort relief.
    Nous avons donc mis à l’épreuve différentes méthodes pour atténuer ce relief en post-production.
    Et avons ainsi vu à l’œuvre les écueils auxquels font face tous les professionnels de la prise de vue relief : les problèmes de convergence, les problèmes d’alignements verticaux et horizontaux, la synchronisation des appareils, et les équilibrages de colorimétrie qui peuvent légèrement varier d’un boîtier à l’autre, même pour des configurations parfaitement identiques (comme ce fut le cas pour nous).

     

    Quant à la seconde équipe, si elle a pu ramener des images relief plus probantes que la première équipe, c’est parce que la tête utilisée présente l’avantage de pouvoir être décalée sur le côté de manière assez précise et maîtrisée. Et surtout, sans que le boîtier ne soit décalé sur un autre axe que celui de la tête.
    La question de l’écartement a pu être également mieux gérée. Il était surtout plus simple de faire plusieurs prises de vues en se décalant légèrement, par pas de 5 à 10 mm.
    Bien sûr, cette méthode s’appliquera surtout à des objets immobiles ou à des décors.
    Nous avons quand même fait des tests avec des modèles mais il était difficile de les garder parfaitement immobiles : trop froid, ou pas assez froid !

    Atelier Relief - Stéréoscopie - ArtFx

    Étienne en version Anaglyphe

     

    Le FishEye à l’épreuve du relief

    Nous avons aussi essayé, pour le jeu, de faire des photos avec une optique FishEye, c’est à dire un très grand angle (8 mm).
    Sans trop de surprise, bien que cela fonctionne techniquement, c’est assez perturbant à regarder.

     

    Le compositing relief avec Nuke

    Le retour en classe a permis à chacun d’avoir le plaisir d’abord de se réchauffer, mais surtout de voir le relief se mettre en place sur les images prises un peu plus tôt.
    Le compositing des images s’est bien sûr fait dans Nuke, outil qui a parfaitement intégré la gestion du flux d’images stéréoscopiques depuis plusieurs années déjà.
    De nombreux longs métrages mêlant prises de vues réelles et images de synthèse ont été composités avec Nuke. Des exemples : Avatar de James Cameron (2009), Tron Legacy de Joseph Kosinski (2010), ou bien encore The Pirats! Band of Misfits de Peter Lord et Jeff Newitt (2012) des Studios Aardman (regardez à ce propos un article très intéressant de The Foundry sur la fabrication de ce film).

     

    La visualisation des images en relief s’est faite de manière passive, en anaglyphe.
    Cela donne un air particulier à tout le monde, c’est le moins que l’on puisse dire…

     

    Lecteur de vidéos relief : la bonne surprise avec Bino

    Nous en avons profité pour tester un lecteur gratuit de vidéo stéréo : Bino. Il est simple d’utilisation, accepte toutes sortes de formats et propose de multiples options pour visualiser le relief (différents anaglyphes, du side by side, de la projection active…). Il est de plus multiplateforme, c’est à dire qu’il fonctionne tout aussi bien sur Windows que Mac OSX ou Linux.
    Bino est une bonne alternative à Stereoscopic Player très répandu, de la projection privée jusqu’aux projections dans les salles obscures, mais payant et ne fonctionnant que sur Windows.

     

     

    La conclusion de la matinée, on s’en doutait, c’est que l’abus de relief peut vite donner mal au crâne
    « Garçon, deux Aspirines ! »

     

    Des photos de l’Atelier Relief

    Cliquez sur les photos pour afficher le diaporama.

     

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