Après la révolution enclenchée par Canon avec ses reflex vidéo, le prochain constructeur attendu sur la liste est Sony. Comme le fabriquant du 5D mark II, Sony est fabriquant en photo et vidéo, et dispose donc des licences nécessaires pour installer sur ses boîtiers des compressions performantes, comme le H.264 ou l’AVCHD.

En attendant les sorties tonitruantes des prochains boîtiers reflex à la Photokina et au Salon de la Photo, Sony nous propose un avant goût avec le Sony NEX-5.

Très séduisant, le NEX-5 est un appareil compact, mais doté d’un capteur APS et d’objectifs interchangeables. Il dispose donc de certaines armes des reflex, dans un corps vraiment miniaturisé.

Rémi Chapeaublanc, photographe habitué au matériel Sony, à réalisé le film du Sony Nex-5, à la soirée La Surpat, et avec un groupe de breakdancers au Trocadéro. L’idée était bien évidemment de tester les capacités vidéo du boîtier dans des conditions réelles et très différentes.

Je l’ai accompagné à la prise de vue (pour la partie soirée, bien entendu) puis au montage, pour déterminer le workflow adapté au boîtier.

Retour d’expérience, orienté vidéo uniquement :

Le Nex-5 est aux premiers abords un boîtiers très sexy! Très petit, avec un écran orientable, il se prête tout à fait à la prise de vue à la volée. L’objectif du kit s’intègre bien, et est stabilisé, ce qui est important sur un boîtier aussi petit.

Les objectifs : il existe déjà une bague adaptatrice pour utiliser les objectifs de la gamme alpha, et des adaptateurs grands angles et télé. Pas de souci donc pour spécialiser son image dans le macro, le portrait, ou les images dynamiques stabilisées.

La stabilisation : encore une fois, un petit boîtier veut dire une main qui tremble. Le Nex n’échappe pas aux règles de la physique, et les images tournées avec optique non stabilisées sont vraiment tremblantes.

Les réglages. C’est la partie la plus décevante pour un amateur éclairé. Clairement orienté grand public, le Nex ne propose aucune option avancée, et surtout pas l’exposition manuelle en vidéo (Pour changer la sensibilité, il faut par exemple aller dans un menu, puis un sous menu).

Condamné à une exposition automatique, il est toutefois possible d’avoir un certain contrôle sur le diaph, comme l’a trouvé Rémi : « Si on veut une grande ouverture de diaph, il faut poser sa main sur l’objectif, afin de forcer l’appareil. en lançant l’enregistrement, l’appareil va garder le diaph à la valeur de départ ».
Voila qui nous rappelle les premières heures du 5D mark II, avec les objectifs dévissés à moitié…

Si le manque de réglage est un peu frustrant, c’est aussi un aveu de la part de Sony : la future capacité vidéo des prochains boîtiers doit apparemment rester une exclusivité des reflex chez Sony.

La post-production

Le NEX-5 propose deux formats de vidéo : le MP4, et l’AVCHD.
Le format MP4 est un format plus « user friendly » : reconnu facilement par les systèmes d’exploitations et les lecteurs, il est utilisable sur beaucoup de logiciels. C’est le format que l’on va préférer pour plus de simplicité.
le format AVCHD lui, est plus complexe, et entraîne de faite des workflow du type « lister et transférer » dans Final Cut Pro. Même si ce type de gestion de média sur carte à fait ses preuves dans les productions professionnelles, je doute de son utilité sur un boîtier grand public sur lequel on ne peut rien régler.
En terme de qualité, l’AVCHD propose en théorie une plus grande résolution (Full HD, contre 1440×1080 pour le MP4) . Pourtant à l’écran, c’est le MP4 qui semble plus qualitatif (des images comparatives très bientôt).

En conclusion :

Le NEX-5 est un boîtier très séduisant, rapide, léger et beau. Par contre il ne s’adresse vraiment qu’au grand public, car même le plus débutant des amateurs aimerait bien avoir un choix sur sa profondeur de champ en vidéo. C’est d’ailleurs tout l’intérêt des appareils APS en vidéo !
Il reste donc une belle option comme second boîtier. Pour les photographes équipés Alpha, il faudra plutôt attendre quelques mois avant de lancer le moteur !