Expo photo // Pavillon Populaire Montpellier

21 Fév. – 04 Mai 2014

 

Photo : Paul McCartney

Linda McCartney….

À première vue, comme ça, le nom nous fait assez rapidement penser à un certain Paul ; le McCartney célébrissime des Scarabées anglais.

Et bien ne cherchez pas plus loin, il s’agit de sa tout aussi célébrissime épouse.

Artiste aux multiples facettes, Linda McCartney est avant tout une photographe mondialement reconnue. Et pas n’importe quel genre de photographe : a Rock photographer !

Imaginez plutôt : jeune et belle, sillonnant l’Amérique et l’Europe des années 60-70, immergée dans un océan de Dieux de la musique déjantée, un Beatles accroché à son bras. Comment ne pas devenir soi-même une icône du Rock ?

 

C’est donc ce qu’a choisi de nous faire vivre le Pavillon Populaire pour fêter sa réouverture au public, après une pause de quelques mois pour travaux.

Dès la porte passée, on est embarqué dans les backstages des plus grands du genre. Jimi Hendrix, Janis Joplin, les Rolling Stones côtoient d’autres génies de cette jeunesse révoltée, comme Neil Young ou la modèle Twiggy.

Un véritable panthéon des stars du Rock des sixties.

 

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

 

Mais s’arrêter là serait tellement réducteur, tellement indigne d’une personnalité telle que celle de Linda McCartney.

Elle est aidée d’un privilège que très peu de photographes ont eu : elle est une des leurs. Du coup, pas peur du time’s up des trois minutes accordées « pour faire ton image », et elle peut aussi compter sur une attitude naturelle des sujets. Mais surtout, la possibilité de sortir des sentiers battus.

Finis les sempiternelles images en noir et blanc, prises à l’arrache entre deux portes. Que la couleur soit ! Finis les portraits classiques du « regardez-moi et souriez ». Règle des tiers, oublie-moi ! Décentrons à l’extrême, surcadrons, jouons avec les reflets ! Finis les flashes hideux tout juste bons à écraser les volumes. Ouvrez les fenêtres ! Let the sunshine in, comme dirait l’autre. Vive la lumière diffuse, et tant pis si elle n’est pas assez forte ; ça fera plus de grain !

Photo : Linda McCartney, "Fenêtre divisée", 1985

Photo : Linda McCartney, "Le Sauvage", 1969

Photo : Linda McCartney

Et pour moi, c’est là où elle est la plus rock !

Totalement en phase avec son époque, avec cette révolution culturelle, elle a su reprendre les codes désormais classiques de la photo, et les magnifier. La lumière des humanistes s’entremêle au graphisme des avant-gardistes. La recherche de l’instant volé côtoie un travail expérimental et sans cesse renouvelé. Bref, l’Amérique copine avec l’Europe.

 

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

 

Tout au long de la rétrospective, nous passons de soleils couchants au fog londonien ; de portraits de famille saturés de grain à des autoportraits flous ; de clichés polaroïds encadrés de blanc à des tirages cyanotypes avec les coups de pinceaux encore apparents.

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

Et c’est peut-être ça le plus remarquable chez elle : ce travail sur les ambiances.

La lumière change suivant la latitude où on se trouve. Un photographe s’aperçoit facilement de ça, et s’en amuse.

À cela rajoutez une recherche de l’avant-plan quasi constant, des compositions bords cadres, de la modernité, de l’audace, de l’amour pour ses modèles et vous obtiendrez Linda McCartney.

 

Photo : Linda McCartney, "Paul, Sud de la France"

Photo : Linda McCartney, "Paul McCartney, LA, 68"

 

Parce qu’il y a des photos couleurs impressionnantes de douceur ; parce que les transferts de polaroïds de fleurs sont admirables ; parce que l’autoportrait est une obsession ; parce que les planches contact révèlent des kodak TX ; parce que les stars du cinéma des années 90 ne pas moins rock que celles des débuts. Parce que tout ça, il faut y aller.

 

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

Photo : Linda McCartney

 

Mais surtout, parce que non, ce ne sont pas de simples photos de vacances de la famille McCartney (ce que, honteusement, je pensais avant d’entrer), mais trente années d’une vie d’esthète. Cette femme a aimé et a trouvé du beau dans tout ce qu’elle voyait.

Ses photographies en sont les empreintes indélébiles.

Photo : Linda McCartney, "My Love", 1978