« Imagine the future » édition #9

Parmi les multiples conférences et différentes sections du festival de Neuchâtel, se trouvait le symposium « Imaging the Future ».

 

Organisée sur deux jours, les 8 et 9 juillet, cette rencontre était consacrée aux arts visuels et aux nouvelles technologies à travers l’intervention de plusieurs acteurs du secteur.

La journée du mardi 08 juillet était principalement orientée autour des jeux vidéo et du transmédia; tandis que le lendemain était destiné aux VFX au sens large.

 

 

Mercredi 09 juillet

 

La journée démarre par une introduction de Nick Manning, Senior Manager chez Autodesk Media & Entertainment autour des innovations technologiques.

Plusieurs présentations s’axent sur le même thème : les créatures et les animaux.

 

  • Alexandre Poncet, journaliste et réalisateur, introduit le thème des créatures au cinéma à travers son dernier film « The Frankenstein Complex ». Plus d’infos à propos de ce documentaire : https://www.facebook.com/FrankensteinComplex.
  • Sven Martin, superviseur VFX chez Pixomondo Frankfurt, oriente sa présentation sur le making-of des dragons de la série Game of Thrones et leur évolution tout au long de la série. Il évoque les difficultés surmontées lorsqu’il faut recréer un dragon de A à Z car celui-ci grandit au fil des saisons. La présentation est agrémentée de vidéos making-of à propos du travail fourni sur la série, permettant ainsi de visualiser la charge de travail accomplie en un temps réduit.

Le thème suivant est consacré aux alternatives VFX pour les films à petit budget.

Pour cela, quatre nouveaux participants :

 

  • Hélène Cattet et Bruno Forzani, réalisateurs francais, parlent de l’utilisation de techniques traditionnelles d’effets spéciaux, maquillage (make-up), prothèses et reproduction de chair en silicone pour l’un de leurs courts-métrages.
  • Cosimo Alema, réalisateur italien, explique ensuite sa volonté de ne pas recourir aux VFX de post-production, mais de tout faire lors du tournage, surtout lorsque cela implique des effets de tirs ou d’explosions. D’après lui, le film semble bien plus réaliste et intègre, surtout au niveau du jeu d’acteur quand les effets sont présents dès la prise de vue.
  • Till Kleinert, réalisateur allemand, raconte son recours aux miniatures pour son film « Der Samurai », avec notamment l’intégration de personnages filmés sur fond vert à l’intérieur d’une ville miniature créée à partir d ‘éléments pour maquette ferroviaire.

 

 

Place maintenant aux VFX et CGI purs et durs dans les coulisses du film Edge of Tomorrow (Doug Liman, 2014) à travers l’intervention de quatre studios majeurs de l’industrie, tous basés à Londres : The Third Floor, Nvizible, Framestore et Prime Focus ainsi que leurs implications respectives dans la réalisation du film.

 

  • Margaux Durand-Rival, Lead Previs Artist chez The Third Floor, commence en présentant le travail fourni par le studio et explique en quoi consiste la prévisualisation : « Afin d’aider au mieux le réalisateur et l’équipe de tournage, la prévisualisation est une version CGI basse définition du film entier, à la manière d’un storyboard mais avec beaucoup plus d’informations car animée. C’est une étape essentielle de la réalisation car cela permet de relever tous les problèmes liés au timing, au mouvement de caméra, etc. Dans le cas d’un film à effets spéciaux, cela permet par exemple de visualiser plus facilement la disposition des éléments qui seront ajoutés numériquement, afin que l’acteur puisse imaginer interagir avec ».
  • Matt Kasmir, VFX superviseur chez Nvizible, présente ensuite les hologrammes créés pour le film et les difficultés que cela représente pour les rendre cohérents au niveau de la lumière du plan, surtout quand il y a interaction avec un acteur.
  • Alexis Wajsbrot, CGI superviseur chez Framestore, montre toutes les étapes de post-production effectuées par le studio, avec une présentation riche en images making-of. Il n’hésite pas à aller loin dans l’explication technique avec la démonstration des rigs d’animation très complexes, pour les aliens par exemple. De même pour les FX (effets de fumée, eau, explosions, etc.) et le lookdev jusqu’à montrer les contraintes pour rendre une scène de nuit éclairée seulement par la Lune, dans laquelle un avion vient s’écraser au sein d’un Paris complètement modélisé, eau et feu se confrontant.
  • Eoin Greenham, Global Head of Stereo Pipeline chez Prime Focus, explique finalement les étapes pour rendre un film en relief, en s’appuyant également sur leur travail fourni sur le film Gravity.

 

Ces présentations sont suivies d’une discussion animée par Ean Carr, superviseur chez Double Negative, sur la coordination entre les studios pour les différentes étapes de la post-production.

 

 

Pour terminer la journée, Scott Squires, superviseur sur de nombreux grands films tels que Star Wars : Episode I, Starship Troopers, Willow, Blade Runner, fait un état de la situation de l’industrie des effets spéciaux et les différences avec ses débuts dans les années 70 lorsqu’il fut chargé de créer des nuages avec deux boîtes, de l’eau et beaucoup de bricolage pour le film « Rencontres du troisième type ».

 

Ce festival est un événement très intéressant pour tous les amateurs du monde de la création visuelle grâce à des invités de choix et un contexte idéal. Le rendez-vous est pris pour l’année prochaine.