Le nouveau court-métrage des Studios Walt Disney Animation sera diffusé en salle dès le 2 novembre prochain, en introduction du film “Les Mondes de Ralph”. Mélangeant 3D et dessin traditionnel, “Paperman” est à lui seul une petite révolution dans l’univers de l’animation.

 

“Paperman” : un court minimaliste et poétique

Paperman - © Walt Disney Animation Studios“Paperman” raconte l’histoire de George, employé de bureau solitaire dans le Manhattan des années 50, qui tombe sous le charme de Meg, une jeune femme rencontrée brièvement sur le quai du métro. Pensant ne plus jamais la revoir, il la découvre à la fenêtre d’un immeuble voisin…

 

Présenté pour la 1re fois en avant-première mondiale au Festival d’Annecy, ce court-métrage en stéréoscopie de 7 min a été réalisé par John Kahrs, animateur de “Raiponce”, “Les Indestructibles”, “Monstres et Cie” etc.
Pour ce projet, il s’est entouré de Glen Keane, dessinateur de “La Petite Sirène” (quelques similitudes à retrouver avec le personnage de Meg) et de Patrick Osborne, superviseur d’animation qui avait déjà travaillé avec lui sur “Raiponce” et “Volt”.

 

“Paperman” se présente comme un film minimaliste en noir et blanc, avec quelques touches de couleur. Le style non photoréaliste est mis en valeur avec un grain photographique et un très beau travail sur les lumières et sur les ombres.
La musique du film, tout en poésie, est signée Christophe Beck.

 

“Paperman : l’idée” par John Kahrs


Source : Vaultofdisney’s channel on YouTube

 

L’innovation technique de “Paperman” : la révolution Meander

John Kahrs qualifie “Paperman” de film d’animation hybride fusionnant animation traditionnelle 2D à la main et image de synthèse 3D. Cette innovation technique a été rendue possible grâce à Meander, un logiciel maison développé par Brian Whited.

 

Outil de dessin vectoriel, Meander permet aux lignes du dessin traditionnel de s’insérer à une couche CG et donne ainsi au dessinateur la possibilité de manipuler les lignes tracées.
À noter parmi les manipulations offertes par Meander :
– Le ‘rigging 3D’ qui permet de tracker les différents éléments du dessin pour définir les axes de rotation permettant de les animer.
– Le ‘in-betweens’ qui automatise la création des dessins intermédiaires  ; contrairement à la rotoscopie classique qui nécessite un dessin par image, ce procédé ne requiert qu’un dessin toutes les 50 images.

 

Grâce à Meander, les lignes de dessin s’ont incorporées sur une première couche de 3D (avec les formes des personnages et des environnements) et de lighting. Une dernière couche de couleur est ensuite appliquée. Puis les équipes 2D et 3D affinent l’association des couches jusqu’au rendu final.

 

John Kahrs reconnaît toutefois que Meander peine encore à automatiser toutes les tâches, notamment celles du tracking.
Le soft n’est donc pas encore une baguette magique mais les programmeurs de Disney travaillent déjà au développement d’une version 2.0 de Meander. Affaire à suivre…

 

L’outil Meander en vidéo


Source : It’s Art