Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas parler du Pavillon Populaire de Montpellier mais d’une expo un peu particulière. Parfois la vie vous offre quelques surprises inattendues au détour d’une rue. Et c’était tellement irréel que j’ai envie de commencer cette histoire par Il était une fois… une de mes photographes préférées dans une de mes villes préférées : Diane Arbus à Berlin.

 

Rétrospective d’une artiste controversée

Diane Arbus - Rétrospective - Berlin - © Martin-Gropius-Bau

 

C’est au Martin-Gropius-Bau, une des galeries les plus célèbres d’Allemagne (située à quelques mètres de Checkpoint Charlie et d’un morceau restant du Mur ), que les Berlinois ont pu admirer quelques-unes des plus grandes œuvres controversées de la photographie du XXème siècle.
Oui, c’est ce qu’elle est Diane Arbus : controversée.
Toute sa vie, elle a été sujette à la critique, à la mise au ban, comme pour faire écho à ses propres sujets photographiques. Ses marginaux qu’elle a voulu rendre visibles. Ses Freaks.

 

Dans cette expo, on apprend que Diane a fait sienne une phrase de Platon, quelques mots qui marqueront son œuvre :
« Une chose n’est pas vue parce qu’elle est visible, mais à l’inverse, elle est visible parce qu’elle est vue ».
Il n’en faut pas plus. Comprendre ça, c’est comprendre Diane.

 

 

Début de la visite : décollage en douceur

Gropius-Bau a choisi une installation classique mais achronique pour nous plonger dans l’univers de la photographe. Certainement à des fins de satisfaire le plus grand nombre de personnes (et pour éviter d’en traumatiser quelques-uns dès les cinq premières minutes), la première salle est un florilège des photos les plus célèbres d’Arbus.

Diane Arbus - Rétrospective - Berlin ©The Estate of Diane Arbus LLC

“Child with a toy hand grenade in Central Park, N.Y.C.“ (1962) ©The Estate of Diane Arbus LLC

Ceux qui connaissent l’artiste seront familiers du format carré des images, dont les sujets centrés et le travail sur la symétrie en composition sont les inévitables résultats.
Quant à la lumière, elle est si caractéristiquement terne… ou parfois totalement marquée par les flashs.

 

Les images sont très espacées. On nous laisse le temps de respirer, de nous poser, d’observer.

 

D’observer… soudain, un détail me frappe : c’est la première fois que je me retrouve devant les œuvres originales de Diane Arbus, et je les vois entières.
Les bords sont flous, pas droits, authentiques, loin de la froideur parfaite d’internet ou du papier glacé.